Eglise St Sigismond

Seythenex (Haute-Savoie) • 17 et 18 septembre 2016
Eglise St Sigismond

Les premières traces d'une église à Seythenex remontent à 1298, date où le curé traite avec l'abbaye de Talloires au sujet de Saint-Ruph. On la retrouve ensuite visitée par Mgr Jean de Bertrand le 24 juillet 1411.

 Les revenus de la cure de Seythenex ont toujours été peu importants. On le voit en 1606, lors de la venue de St François de Sales.

Le patron de la paroisse est Saint Sigismond, roi de Bourgogne en 516, assassiné en 523 sur l'ordre de Clodomir, roi des Francs puis jeté dans un puits. Il est le fondateur de l'Abbaye de Saint Maurice d'Agaune.

Il existait plusieurs chapelles intérieures: Saint Laurent (1470), Saint Michel, Saint Antoine, Saint Barthélémy, Sainte Marie (1580), dite plus tard Notre Dame de Grâce (1630), de Compassion (1658), du Rosaire (1670) puis de la Nativité (1694). La chapelle saint Laurent sera unie au maître-autel au début du XVIIème siècle, ce qui explique la présence d'une statue de ce saint sur le retable majeur.

L'église primitive était régulièrement orientée (Est-Ouest), le clocher surmontant le chœur dans le prolongement de la nef centrale.

Le clocher actuel est le seul vestige de cette église primitive.  Le linteau de la porte nord est orné, à l'intérieur, du monogramme IHS aux lettres fortement entrelacées, surmonté d'un alpha gothique. (IHS est une abréviation du nom de Jésus en grec).

Le chœur de l'ancien édifice est voûté d'ogives, les quatre arcs nervurés partant des quatre angles de la pièce et se rejoignant en un médaillon central.

Dans la montée au clocher, on peut encore apercevoir un certain nombre de peintures : des croix de consécration, des fleurs, un monogramme IHS au dessus du placard; les arcs étaient recouverts de peintures vives (aujourd'hui, on aurait plutôt tendance à mettre les pierres à nu). La voûte révèle également des peintures polychromes.

Le 15 juin 1837, le Conseil de Fabrique fit dresser par l'architecte Ruphy des plans de reconstruction qui furent acceptés par les autorités.

Comme nous l'avons vu plus haut, il s'avérait impossible de restaurer le bâtiment vu son état général; de plus, un agrandissement de la nef vers l'ouest aurait été trop compliqué et onéreux à cause d'un talus important qu'il eût fallu remblayer. L'architecte proposa donc la démolition totale, ne conservant que le clocher, et sa reconstruction dans le sens nord-sud afin de pouvoir recevoir un nombre plus élevé de paroissiens.

 Les plans qu'il dressa, d'un style néo-classique, montrent une grande nef centrale de 16,50 m de long sur 7,50 m de large et 11,60 m de hauteur sous la clef, deux basses nefs de même longueur, de 3,50 m de large et 8,80 m de haut, un chœur à une travée moitié moins longue que celles de la nef et une abside en cul-de-four. Sa surface totale est de 380 m², y compris la tribune, et peut contenir 1140 personnes (la norme est de 1/3 de m² par personne).

 Les nefs sont séparées par deux rangées de piliers et voûtées en plein cintre. L'éclairage naturel se fait par deux séries de baies semi-circulaires dans les murs gouttereaux est et ouest, comme il est de mode à l'époque du néo-classicisme. Cette position des ouvertures donne une luminosité et un éclat particulier à l'intérieur et particulièrement au retable qui s'en trouve d'autant plus mis en valeur. L'entrée principale, à fronton classique, est percée au milieu de la façade d'une porte qui ouvre sur la nef centrale. Une porte latérale, dans le mur de la basse nef gauche, permet un accès direct au cimetière. Le montant des travaux, au 30 juillet 1837, est estimé à 11349 livres neuves.

Le 25 juin 1848, la pierre fondamentale est enfin posée. Enfin le 22 mai 1858, elle est consacrée par Mgr Rendu, évêque d' Annecy.

 Le retable:

Un premier retable fut construit en 1760 ; il aurait coûté la somme de 1920 florins.

Fin 1810, après avoir signé la convention, deux sculpteurs valsésiens, J.-B. Gilardi et son fils Joseph-André, auteurs ou restaurateurs de nombreux retables dans tous les États de Savoie, se mettent au travail. Joseph André Gilardi, âgé de l3 ans, note dans son journal que son père et lui "ont fait le retable de Seythenex". Toutefois, le Conseil de Fabrique n'a inscrit dans ses comptes le paiement de l'ensemble des travaux que le 21 mai 1815.

 En 1850, le retable est installé à la place qu'il occupe aujourd'hui. Il doit être restauré car, étant resté en place dans l'ancien chœur pendant la durée des travaux de reconstruction, il avait subi des dommages importants.

 Le Jeudi de l'Ascension 1979, un court circuit mit le feu à ce vénérable monument. La restauration, nous devrions plutôt dire la reconstruction à l'identique, fut effectuée par René Simond, menuisier ébéniste à Chamonix, et Mme Bartolini, professeur de dessin à Salon de Provence. Trois années de travail seront nécessaires à la remise en état. Il a été inauguré le 11 septembre 1983.

Le centre de l'étage principal est occupé par un tableau représentant à gauche saint Sigismond, à droite le martyre de Saint Sébastien, entre les deux, caché par le tabernacle, le puits dans lequel fut jeté saint Sigismond, et au sommet, présentée par deux anges, la Sainte Vierge.

De chaque côté du tableau, dans deux niches à coquille, à gauche la statue de saint François de Sales, à droite celle de saint Laurent. Chaque niche est entourée de colonnes à fines cannelures, à bases toscanes et à chapiteaux composites.