Promenade urbaine "Le néogothique c'est chic"

Ris-Orangis (Essonne) • 14 - 16 octobre 2016
Promenade urbaine "Le néogothique c'est chic"

La façade de cette grande chapelle, que l’on peut admirer du pont de Champrosay, marque la vue de cette portion du coteau de la Seine. A cet endroit, exposé plein sud et à la vue dégagée, des établissements de santé viennent s’installer au 19e siècle.

La chapelle, vaste construction de style néo-gothique en meulière et pierre de taille, a été inaugurée ile 14 avril 1900. Sa façade, que l’on peut admirer du pont de Champrosay, marque la vue de cette portion du coteau de la Seine. A cet endroit, exposé plein sud et à la vue dégagée, des établissements de santé, tels le préventorium Minoret et l’Hôpital des cheminots, viennent s’installer au 19e siècle grâce au don de propriétaires bienfaiteurs. Leurs pensionnaires peuvent bénéficier de l’air salubre de la forêt de Senart et des coteaux de la Seine.

Histoire

Le préventorium, dont l'imposante chapelle dresse sur le versant du coteau, prend le nom d'un ancien maire de Draveil, bienfaiteur de l'œuvre des jeunes filles poitrinaires fondée par les religieuses de Marie-Auxiiiatrice, qui sont à l'origine, en 1881, du premier hôpital pour phtisiques à Villepinte, au nord de Paris.

En 1893, Louis-Eugène Minoret fait don à la congrégation de sa propriété de Champrosay, un grand château de 32 pièces dans un parc boisé de 13 ha adossé à la forêt de Sénart, en vue d'y installer un préventorium destiné à recevoir des jeunes filles atteintes de chloro-anémie ou en convalescence de maladies graves, pour des séjours de courte durée de trois à six mois. 110 pensionnaires sont ainsi hébergées de janvier 1894 à mai 1895 dans le château baptisé pavillon Saint-Gabriel, converti en dortoirs.

L'installation devenant insuffisante, des travaux d'agrandissement sont entrepris dès 1898 : une chapelle et un bâtiment pour la communauté, ou pavillon Saint-Michel, sont construits sous la direction d'Ernest Conchon, architecte de l'orphelinat Saint-Philippe à Meudon et du noviciat des Frères des Écoles chrétiennes d'Athis-Mons. En 1904, l'œuvre des cures rurales chargée de procurer un séjour de quelques mois en pleine campagne à des enfants et jeunes filles « fatiguées déjà par un travail excessif ou anémiées par le manque d'air salubre » confie ses adhérentes au préventorium Minoret, pour lesquelles un pavillon spécial est aménagé contre la façade sud de la chapelle.

La même année, des cures d'air sont installées dans le parc, pavillons de bois où se pratique la cure de plein air selon le concept né en Allemagne au milieu du XIXe siècle. Le nombre des pensionnaires s'accroissant régulièrement (plus de 550 malades par an), de nouveaux agrandissements sont entrepris en 1932 : relié par un porche au chevet de la chapelle, un bâtiment dit pavillon Saint-Raphaël avec galerie de cure au rez-de-chaussée prolongé d'un pavillon en V (qui reste inachevé) est mis en service deux ans plus tard. Le château et le pavillon des cures rurales communiquant avec la chapelle et leur galerie de liaison sont détruits par le bombardement aérien du 29 mai 1944. Autorisés par le ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme en janvier 19.50, les travaux de reconstruction sont réalisés sous la direction de Jacques Biron, architecte à Paris, qui reconstitue «  à l'identique» les façades en meulière du pavillon d'entrée, avec contreforts en pierre de taille et baies ogivales. Le préventorium restauré continue recevoir des malades, mais en nombre décroissant, sa fermeture en 1963. Il est reconverti en institut médico-pédagogique spécialiste de la petite enfance.

Perspectives paysagères

Dominant la vallée fluviale, c'est depuis un pont de la Seine que nous la présentons. A elles deux, elles composent un paysage pittoresque sans âge. Le temps semble passer sans heurs, et la ville se déploie autour sereinement, comme ce tapis de pavillons qui s'y adosse. Comme une porte d'entrée au seuil de la foret de Seinart, cette architecture est un paysage.

Lexique

Néogothique : Le style néo-gothique est un style architectural né au milieu du XVIIIème siècle en Angleterre. Avec la montée du romantisme, certains amateurs éclairés tels Horace Walpole ou William Beckford ont fortement contribué à l’émergence d’un engouement pour le Moyen Age, les Arts médiévaux et le pittoresque qui devint une nouvelle qualité esthétique. En France il faut attendre la Restauration pour que le style néo-gothique connaisse un véritable épanouissement dans les arts. C’est ainsi l'occasion pour de jeunes architectes de renouer avec le style Gothique français.

Le style néo-gothique trouve dans l’architecture un fort épanouissement avec notamment Prosper Mérimée, secrétaire de la toute nouvelle Commission des Monuments Historiques,  et Eugène Viollet-le-Duc qui entreprend la restauration de nombreux bâtiments gothiques français, comme Notre-Dame de Paris, l'abbatiale de Vézelay ou la Cité de Carcassonne.

Ainsi, on renonce à la symétrie et on s’inspire de l’architecture médiévale. Les bâtiments publics, les églises et les grandes demeures bourgeoises sont ornés de créneaux, de flèches et de gargouilles.

Mots-clés :
ARCHITECTURE LECTURE DU PAYSAGE ANALYSE DE L'ARCHITECTURE HISTOIRE DE L'ARCHITECTURE

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