Le Projet Van Gogh

Paris (Paris) • 13 - 16 avril 2013
Le Projet Van Gogh

Quand Artaud nous parle de Van Gogh, ça fuse, ça en impose, ça explose. François Niay s’empare de Van Gogh le suicidé de la société pour nous livrer un corps qui serait poème et dessin, à même d’incarner l’humour féroce d’Artaud autant que le mouvement vertigineux des tableaux du peintre. Et si Van Gogh ne s’était pas suicidé ? Et s’il avait été littéralement exécuté ?…

Conception, chorégraphie, interprétation : François Niay
Sur des extraits de : Van Gogh le suicidé de la société d’Antonin Artaud

Intentions
Dans le contexte actuel : surabondance d’images, triomphe de l’avoir au détriment de l’être, il me paraissait urgent de porter sur la scène la pensée d’Antonin Artaud. Radicale, stimulante, pleine de fulgurances et de finesses, dans sa crudité parfois cruelle, elle représente pour moi un apaisement, un encouragement.

« Le corps est un état illimité qui a besoin qu’on le préserve, qu’on préserve son infini. Et le théâtre a été fait pour cela. Pour mettre le corps en état d’action active, efficace, effective, pour rendre au corps son registre organique entier dans le dynamisme et l’harmonie. Pour ne pas faire oublier au corps qu’il est de la dynamite en activité. Mais cela qui le sait encore dans un monde où le corps humain ne sert plus qu’à manger à dormir à chier et à forniquer. Le corps humain est un champ de guerre où il serait bon que nous revenions. »

Antonin Artaud, un « philosophe » ? Cette affirmation a de quoi surprendre, quand on sait que cet homme de théâtre, poète, dessinateur, est entré dans l’histoire du XXe siècle comme l’un de ses génies les plus fous. Associer le geste à la parole, alterner voix off et voix parlée pour permettre à la danse de « prendre le relais » lorsque les mots ne suffisent plus, s’est imposé comme une évidence.

Comme sur tous les autres projets de la Compagnie Maztek – Danse & Philosophie, il fallait choisir un texte, un point de départ. Pour cette première étape d’un travail d’ampleur autour des dernières années d’Artaud, j’ai choisi son essai intitulé Van Gogh, le suicidé de la société. Comme un écho à ce croisement des disciplines, comme un appel à travailler un corps qui serait poème, dessin, cri, une danse tantôt impressionniste, tantôt convulsive.

« Non, Van Gogh n’était pas fou, mais ses peintures étaient des feux grégeois, des bombes atomiques… » Dans cet essai, le fou du théâtre du XXe siècle tente une réhabilitation pleine de détonations et de sensibilité du fou de la peinture du XIXe. Malgré ces apparences, ce texte est tout sauf une apologie de la folie, mais une attaque rangée, méthodique, de la façon dont la société traite ses artistes. De comment, par des mécanismes de défense internes et insoupçonnés, c’est la société elle-même qui conduit les individus de la lucidité à la folie, et enfin, dans le pire des cas, au suicide. Comme une sélection qu’Artaud dépeint comme sur-naturelle, malveillante, concertée.

En 1947, Artaud ne pouvait pas soupçonner les bouleversements l

Mots-clés :
Van Gogh Solo de Danse - Philosophie

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