Delta Charlie Delta

Paris (Paris) • Jeudi 23 novembre 2017, 19h00
Delta Charlie Delta

Jeudi 23 novembre 2017 à 19h30

à la Maison des Métallos

Delta Charlie Delta

de Michel Simonot

Mise en scène : Justine Simonot

Collaboration artistique : Pierre Longuenesse

Composition musicale et collaboration vocale : Annabelle Playe

Création lumière : Jean-Gabriel Valot

Avec Xavier Kuentz, Alexandre Prince, Clotilde Ramondou, Catherine Salvini [email protected](distribution en cours)

Un soir d’octobre. Trois enfants courent parce que la police court derrière eux. Ils se réfugient dans un transformateur. Un policier voit, n’alerte pas. Deux enfants meurent. Un survit. 32 minutes de course poursuite insensée, où « tout le monde court parce que tout le monde court » ; 39 minutes et 43 secondes que les trois jeunes auront passées dans le transformateur de Clichy-sous-Bois; cinq jours de procès dix ans après les faits.

Dans un tempo ciselé, Delta Charlie Delta joue, noue et dénoue ce temps ; il y convoque la parole, les mots, les voix, les silences. Delta Charlie Delta, c’est une histoire de voix, de corps, absents aux autres, convoqués par les mots. C’est aussi une histoire de médias, de transmission et re-transmission, de convocation, de temporalités, de mots, de silences. Delta Charlie Delta a été écrit à partir des tweets des journalistes assistant au procès de 2015 : 140 caractères pour rendre compte, des copies d’écran pour suivre le déroulé, entendre à travers 140 caractères les récits, les compte rendus, les enregistrements de dix ans auparavant.

Le Chroniqueur, comme un coryphée, nous donne à voir, entrapercevoir les ombres de ce qui reste, de ceux qui restent : il donne le rythme, il choisit qui prononcera les mots, et quels mots prononcer. Il met en jeu les voix, leur musique, l’espace sonore de ces voix : espace autour, mais aussi espace dedans, le corps qui prononce. Les corps de deux enfants morts, des policiers, du survivant, à l’intérieur de la radio de la police, dans l’espace réduit du transformateur, au tribunal.

Le Chroniqueur convoque la parole, à travers ces corps et ces voix, ou plutôt lui donne corps. Il est l’interface entre eux et nous, il met les mots, les provoque et les convoque. Il est le maître du temps, le maître des lieux et de ce qu’il nous donne à voir. Paroles lointaines, entendues, imaginées, transcrites et retranscrites, où poétique et politique se croisent et s’entrechoquent.

Un espace restreint, des mots comptés, dans l’urgence de la nécessité de rendre compte.

Mots-clés :
Zyed Bouna survivant culpabilité révoltes banlieues

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