Cie Mange ta tête Résistances. Étape 1. Être debout. Parler

Paris (Paris) • 6 - 16 décembre 2012
Cie Mange ta tête Résistances. Étape 1. Être debout. Parler

A partir de L’Abécédaire de Gilles Deleuze, de L’Anthropogénie d’Henri van Lier et de la captation du procès de Klaus Barbie, Résistances est une recherche pluridisciplinaire sur la notion de résistance d’un point de vue physique, émotionnel, intellectuel, politique… Les problématiques interrogent pourquoi et comment un homme choisit de résister. Ou pas. Une histoire qui se déclinera de l’enfance, à la maturité, en quatre Etapes et sur plusieurs saisons.

Premier volet : L’enfance.

L’enfant ne cesse de dire ce qu’il fait ou tente de faire : explorer des milieux, par trajets dynamiques et en dresser la carte.

Les cartes de trajets sont essentielles à l’activité psychique.

Gille Deleuze, Critique et clinique. Les Editions de Minuit, Paris.

« Nous allons partir du début, tenter de traverser « tout » ce qu’un enfant apprend.

Cette « carte » de l’enfance se définira déjà entre ces deux points, ce que l’enfant apprend et ce qu’il nous apprend. Des enfants qui sont trop présents, on dit parfois qu’ils sont étouffants alors que ce sont eux, sans doute, qui étouffent. Leur corps d’enfant est bien trop minuscule pour tout contenir. Ils semblent souffrir d’un manque d’espace corporel, alors ils s’étalent, ils prennent de la place, ils se mêlent de tout, font attention à tout. Plus leur corps absorbe plus ils ont du mal à se concentrer, à concentrer tout ce qu’ils tentent de contenir et qui finit par ne plus les maintenir en place, les empêche d’être entièrement à un endroit pendant un temps donné, que ce soit à l’école, en famille, avec leurs amis, ils sont toujours là et ailleurs, présents sans pouvoir se poser, ni poser la bonne question qui en contient déjà tant d’autres.

L’enfant est hors sujet effectivement, alors qu’on le trouve envahissant, il est seul, dans un labyrinthe bien trop vaste, sans aucun fil d’Ariane pour le guider, si ce n’est cette farouche volonté de tout contenir, tout comprendre, en espérant peut-être que cela l’aidera pour être, à son tour, compris par le monde, pour ne plus en être seulement le contenant, pour ce genre d’enfant la réponse est aujourd’hui de plus en plus des médicaments mais toute enfance, à des degrés divers, n’en passe t’elle pas par là ? C’est ce genre de crise qui nous intéressera au plateau.

Le caprice de l’enfant, devant les frustrations, l’échec, les peurs, les fatigues nous amènera également à travailler sur ce que sont les consolations.

Et la façon dont l’enfant commence à se définir comme une entité corporelle unique se déplaçant dans un territoire donné ou construit et la façon dont l’enfant en sorrt et laisse, ou pas, entrer tout le monde. C’était déjà assez difficile d’apprendre à être là et debout et à parler : il faut bien que ça serve à quelque chose, non ? Définition du territoire… »

Elsa Ménard

Coproduction Cie Mange ta tête, Collectif 12, WIP Villette. Avec l’aide à la production d’Arcadi.
En coréalisation avec Confluences et le soutien du
Théâtre Ephémérides.

Mots-clés :
Cie Mange ta tête Théâtre Confluences

Autres événements à Paris