Jupiter & Okwess International - festival Paris quartier d'été

Pantin (Seine-Saint-Denis) • Samedi 21 juillet 2012, 20h00
Jupiter & Okwess International - festival Paris quartier d'été

http://www.youtube.com/watch?v=vc5jTBGpuoc

Soyons honnêtes : si tout le monde parle de Jupiter et Okwess International comme d’un “groupe de Kinshasa”, c’est qu’aujourd’hui plus personne n’est très sûr du nom de leur pays. Il s’appelle encore Congo belge quand Jean-Pierre Bokondji y naît il y a près de cinquante ans, dans une famille de griots mongo. Surnommé Jupiter, il s’initie aux percussions avec une rapidité foudroyante auprès d’une grand-mère guérisseuse. Puis, brusque changement de décor : en 1970, son père, diplomate, est nommé à Berlin-Est. Jupiter passe chaque jour le Mur pour aller au collège. Il découvre ainsi les Beatles et les Jackson Five, David Bowie et Deep Purple, et fonde un groupe de rock baptisé, carrément, “Die Neger” – les nègres.
Le retour dans le Zaïre de Mobutu en 1980 est plutôt rude. En famille, d’abord : “Mon père considérait qu’être musicien était indigne d’un fils de diplomate. Pour lui, c’était comme si j’étais un voyou. De 18 à 20 ans, j’ai vécu comme un enfant de la rue. J’aurais pu repartir en Europe, mais j’ai préféré rester ici que crever là-bas.” Ignorant la rumba congolaise devenue la musique officielle des années Mobutu, Jupiter explore, voyage, étudie les musiques des 450 ethnies du pays. Il fonde un premier groupe expérimental, Bongo Folk. “Les gens nous disaient que c’était de la musique de Blancs. Il a fallu du temps pour faire comprendre que c’était de la musique congolaise avec des éléments extérieurs pour que la sauce soit bouffée par tous.”
En 1990, il crée Okwess International (“nourriture internationale”). Tournées en Afrique, premiers succès, vite engloutis dans le vacarme de la guerre civile.
Après de longues années de vaches maigres et enragées, il croise la route des réalisateurs Florent de la Tullaye et Renaud Barret (futurs auteurs de l’épopée du Staff Benda Bilili) qui lui consacrent un film, La Danse de Jupiter. En 2005, l’Europe le découvre. Avec Okwess, il sort Hôtel Univers, un album où la soul des années 1970 se mêle aux musiques traditionnelles. Le géant efflanqué, surnommé Général Rebelle dans les rues de son quartier de Lemba Terminus, tient enfin son heure… Et, tonnerre, cette fois Jupiter est décidé à se faire entendre !

Mots-clés :
musique du monde concert Banlieues bleues

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