Entretien avec Jean-Christophe Bailly autour de "CARAMBOLES OU COMMENT LA PENSÉE RICOCHE"

Orléans (Loiret) • Mardi 5 décembre 2017, 18h00
Entretien avec Jean-Christophe Bailly autour de "CARAMBOLES OU COMMENT LA PENSÉE RICOCHE"

Dans le ricochet réside un bonheur : que la pierre lançée dans l'eau n'y soit pas engloutie mais y trace, par une série de rebonds, un chemin, que chaque étape de ce chemin capricieux soit jusqu'à la dernière, une relance." J.-C.Bailly, L'instant et son ombre, Seuil, 2008.

L'œuvre de Jean-Christophe Bailly, est un jeu de piste infini. Il refuse, d'ailleurs, toute étiquette et exclut le titre de philosophe malgré un doctorat de philosophie. Qu'il commente un texte de Baudelaire, s'interroge sur l'architecture et l'urbanisme, observe le silence des animaux, analyse l'oeuvre d'un peintre ou une photographie, il s'agit toujours d'une même volonté d'assumer le travail même de la littérature. Il est écrivain, brillant conteur, homme de la langue qui traque tous les lieux communs du sens et du langage.

Nous nous attacherons à cheminer en sa compagnie à partir du Dépaysement (prix des Libraires, 2011), récit dans lequel il nous prend par le bras en nous invitant à regarder de plus près ce que le mot France désigne aujourd'hui. Les frontières, les rivières, les montagnes, les écarts entre nord et midi, mais aussi la conscience historique, ce sont tous ces éléments rencontrés sur place qu'il restitue dans la description d'un état de choses, à un moment donné. Cet arrêt sur images nous offrira donc une grande variété de lieux, des plus marqués par l'Histoire aux plus discrets, en même temps que se détacheront, comme des évidences, les questions qui le préoccupent, celles liées à l'urbanisme et aux animaux.

Très tôt, Jean-Christophe Bailly décide de se consacrer à l'écriture. Son ouvrage Tuiles détachées explique cette décision, ainsi que plusieurs étapes importantes pour la formation de son style.

Proche du surréalisme lors de son entrée en littérature, il s'en est éloigné.

Sa pensée constitue la continuité moderne de certaines idées du romantisme allemand : l'idée d'un sens sans frontières et aux formes mouvantes, dans l'esprit de ce que Novalis appelle l'Encyclopédie.

Il a fondé et dirigé les revues Fin de siècle (avec Serge Sautreau, quatre numéros, 1974-1976) et Aléa (neuf numéros, 1981-1989). Il a également dirigé les collections "Détroits" chez Christian Bourgois (avec Michel Deutsch et Philippe Lacoue-Labarthe) et "35-37" chez Hazan.

Docteur en philosophie, il a enseigné à l'École nationale supérieure de la nature et du paysage de Blois, dont il dirigeait la publication Les Cahiers de l'École de Blois depuis 2003.

L'œuvre indéfinissable de Jean-Christophe Bailly se situe à la croisée de l'histoire, de l'histoire de l'art, de la philosophie, de la poésie et du théâtre.

Nous accompagnerons son cheminement actif à travers l'observation du monde qu'il sait si bien écrire sur le mode de "l'étoilement" (pour reprendre un de ses titres).

Les mots de J.-C. Bailly, lucioles ou clignotement, nous offrent un accès particulier aux instants et aux lieux. Toucher à tout, explique-t-il, ce serait peut-être répondre à tout ce qui nous touche.

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