Chapelle Notre-Dame de Béneauville (14)

Moult-Chicheboville (Calvados) • Samedi 5 juillet, 20h00
Chapelle Notre-Dame de Béneauville (14)

Crédits : Association sauvegarde

Le chœur : Il est la partie la plus ancienne de l'édifice et daterait du XIIe siècle. Il présente des contreforts plus épais que ceux de la nef, un bandeau chanfreiné (le chanfrein étant une petite surface que l'on forme en abattant l'arête d'une pierre). Les fenêtres romanes sont très étroites, mais de facture plus soignée à l'intérieur et possède une moulure. Le tympan de la porte du choeur, cintrée, à archivoltes, est bordé de fleurs cruciformes. Les modillons de la corniche très variés, représentent une série de têtes nues ou avec capuche, peut être les moines présentés avec leurs caractéristiques : barbe, cheveux longs, chauve, bouche ouverte... D'autres modillons présentent une série d'animaux assez difficiles à identifier (cochons...) ainsi que certaines scènes comme un bras versant à boire, un tonneau garni de cercles... Le chevet plat (fond de l'église) semble avoir été obstrué.

La nef : Elle présentes les caractères du XIIIe siècle. On observe des contreforts plats, son bandeau semi-encastré (utilisé pour écarter les eaux du ruissellement), ses ouvertures en plein-cintre et étroites, les fenêtres sans décorations, sont évasées vers l'intérieur, elle furent retouchées en pointe aux XIIIe siècle, leur donnant un aspect de lancettes. A la même époque, le haut des mur sera également remanié en «dents de scie». Le mur sud comporte une pierre sculptée en étoile, typique du roman primitif, qui correspond à la date de construction de la nef et appartient probablement au porche initial. On remarque également l'enduit dit «à la bouteille» recouvrant l'édifice, qui fut ré-appliqué dans le style original de construction, lors de sa récente rénovation.

A la fin du XIIIe siècle des travaux sont entrepris dans la nef, un clocher de colombage y est créé. Celui-ci sera détruit en 1698 en raison de sa détérioration. On construit alors en 1702, un nouveau clocher plus petit, en bout de nef, dit «clocher pignon». C'est à cette époque qu'est bâtit le porche et son fronton triangulaire, dans un style très classique. On distingue encore les traces de trois fenêtres romanes retaillées au XIIIe siècle, et finalement obstruées. Le fenestrage sud sera également agrandi pour donner plus de lumière et lutter contre le froid (l'Eglise donne une raison plus mystique : le soleil, symbole du Christ doit éclairer les consciences). Le 26 février 1792, en pleine tourmente révolutionnaire, l'église est entièrement rénovée. Pendant plus d'un siècle, la chapelle ne connaît aucun changement. Au XXe de nouveau travaux de rénovation s'imposent.
b) Intérieur :
La voûte de la nef est dite en « carène de vaisseaux », et rappelle une coque de bateau renversée. C'est dans les années 1970 à l'occasion de travaux sur la toiture, sous un faux plafond en sapin que l'abbé Leclercq remarque cette charpente et décide de la mettre en valeur. C'est alors un vrai travail de restauration qui est mis en place. L'ancien plafond plâtré est retiré, on réajuste les 2000 planchettes de châtaignier, et l'on ponce des motifs du mur pour laisser apparaître des blasons. On observe désormais clairement la voûte ogivale en arc brisé. Il manque une poutre transversale au haut de la nef, qui correspond à l'emplacement de l'ancien clocher de charpente.

Au XIIe siècle, on modifie l'arcade qui romane est remaniée en ogives. La voûte du chœur sur croisées d'ogives appartient à la fin du roman. On observe un décor de feuilles plates au centre d'une des ogives du chœur, caractéristique du gothique primitif. Le chœur comporte deux travées, la nef en à trois.

Les 4 «tâches» noires orientées vers le centre du chœur signalent les ouvertures des vases en grès : orifices acoustiques destinés à renvoyer et amplifier les ondes sonores. Ils dateraient vraisemblablement du début du XIIIe siècle car la voûte n'a jamais été refaite depuis cette période.

Au XVIIIe siècle, afin de donner à l'église plus de lumière, les murs sont blanchis et les fenêtres au sud, agrandies. On décide également de construire un nouvel autel, décalé par rapport au fond de l'église, laissant alors la place d'y aménager une petite sacristie.

Le retable est formé de deux pilastres corinthiens : colonnes avec chapiteaux à petites volutes, soutenant une corniche arrondie. La toile centrale, exécutée sur place, est dédiée à l'immaculée conception et date du XIXe siècle.

Les chapiteaux : La base carré, les moulures et les chapiteaux historiés des piliers atteste la deuxième moitié de XIe siècle??? L'un d'eux représentent le martyr de Ste Blandine (Patronne de la ville de Lyon, morte en 177 après avoir subie nombreuses tortures des Romains, ici on distingue la jeune fille le lion chargé de la dévorer ainsi que l'évêque Pothin de Lyon. La légende veut que les Lions refusèrent de toucher à Sainte Blandine. Survivantes aux tortures, ce sont les Romains qui l'occire par le glaive). Le thème des vignes lui semble plus récent.

L'antépendium : Tableau décorant la partie basse de l'autel, représentant la nativité.

La litre : cette large bande noire a été fait peindre par les seigneurs de la paroisse, en l'honneur des morts de leur famille. On reconnaît les armoiries de Louis de Fribois. C'est ainsi que les seigneurs marquent leur patronage sur une église (souvent également en faisant bâtir une chapelle privative à même l'édifice).

Crédence dans le chœur datant du XIIIe siècle, elle sert à poser les objet de messes. On observe la rosace ainsi que le caractère ogival.

Le sol comme dans de nombreuses église anciennes possède plusieurs pierre tombales dont malheureusement la lecture est impossible. Il faut savoir qu'on a trouvé durant les travaux des années 70, des ossements d'enfants. On inhumait autrefois(selon les registres paroissiaux) les prêtres dans le chœur, les seigneurs de la paroisse dans la nef, et les pauvres dans le cimetière. Ce n'est qu'en 1786 à la veille de la Révolution, qu'un édit de Louis interdit d'inhumer dans les églises. Sur l'une des pierres on distingue : « femme de Charles François, laquelle est décédée le 17 février 1722 âgée de 29 ans. Priez Dieu pour le repos de son âme ».

Mots-clés :
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