Structure 2
Oui
Crédits : Danielle Voirin
OVTR (ON VA TOUT RENDRE) permettra de visiter l’Acropole et le British Museum sans bouger de son fauteuil de spectateur : on pourra admirer les six cariatides soutenant le portique du temple d’Érechthéion ; assister au démantèlement de l’une d’elles sur ordre de Lord Elgin, ambassadeur britannique à Constantinople, capitale de l’Empire ottoman dont la Grèce fait partie, à la fin du 18e siècle ; la suivre jusqu’à Londres où Elgin la vendit au gouvernement britannique, qui la vendit à son tour au British Museum où elle est toujours aujourd’hui, avec une bonne moitié des frises du Parthénon ; mesurer combien l’idée du beau en Occident est encore collée à celui de l’idéal antique, et combien la Grèce est endcore le berceau fantasmé de cet idéal - ce qui n’est pas sans poser au moins deux problèmes : en effet, n’est-il pas temps pour le « beau » de prendre le large, et pour l’Europe de soutenir le « berceau » qu’elle a fabriqué puis mis à la casse, tout en célébrant sa grandeur ?
OVTR débute donc sur une question réjouissante : et si on rendait tout ?
Les découvertes archéologiques faites par les puissances coloniales ont en effet constitué un softpower essentiel pour asseoir leur rayonnement culturel, ce qui explique évidemment leur difficulté à rendre ce qu’elles ont prélevé sans autorisation. Ce softpower est toujours au cœur de stratégies postcoloniales aujourd’hui : en prévision du tarissement rapide des énergies fossiles, l’Occident investit dans les sites anciens de leurs (futur ex-) fournisseurs. Peut-être que la pop anglaise ne serait pas si hégémonique si Lord Elgin s’était contenté d’être un simple ambassadeur pour la Grande Bretagne. OVTR présentera donc un échantillon varié et live de pop anglaise afin d’étayer agréablement son exposé.
Oui
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Visite libre