Réunion de printemps 2026
Au programme, échanges et visite de site !
Crédits : Crédits photo : Les Films de Tokyo
NE COUPEZ PAS !
[Kamera o tomeru na! / One Cut of the Dead]
Un film de Shin'ichirô UEDA
Japon / 2017 / 96 min / DCP / VOSTF / Comédie zombiesque
Distribution : Les Films de Tokyo
Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs
Rien ne va plus sur le plateau de la micro-production horrifique dirigée à grand-peine par l’irascible Higurashi dans une station d'épuration désaffectée où l’armée japonaise aurait mené des expériences sur la réanimation des cadavres. Excédé par l’incapacité de son actrice principale à exprimer la peur au bout de quarante-deux prises le cinéaste en vient aux mains avec le jeune premier, fraîchement « zombifié » grâce à un maquillage rudimentaire. Alors que le tournage part à vau-l’eau, la scripte enseigne des prises d’autodéfense pour détendre l’atmosphère tandis que le perchiste assiste avec un détachement confondant à un événement des plus alarmants… Et si le réveil des morts s’avérait pour la petite équipe l’occasion de donner le meilleur d’elle-même devant la caméra comme hors cadre ?
Petit phénomène – et plus gros succès de l'histoire du cinéma indépendant au Japon – tourné en huit jours pour un budget rachitique équivalent à 27 000 dollars, NE COUPEZ PAS ! détourne les clichés des deux sous-genres proliférants du cinéma d’horreur des années 2000-2010. Soit le « found footage », avec ses justifications narratives alambiquées, ses points de vue douteux et son déroulement en plans-séquences voulu « réaliste », et les films de zombies capitalisant à l’infini sur les codes initiés par George Romero, ici appelés à se mêler au sein d’une mise en abyme ludique qui célèbre l’aventure cocasse et galvanisante que peut représenter la réalisation d’un film – fût-il d'une durée de 37 minutes – dans des conditions ultra précaires.
Loin de livrer une « zombie comédie » de plus ou de verser dans une critique condescendante des productions désargentées vouées à l’exploitation pure, Shin'ichirô Ueda préfère ainsi opter pour un traitement malicieux et bienveillant, véritable éloge de l’artisanat foutraque et du système D, sur lequel plane l’esprit d’ED WOOD de Tim Burton.
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