croûtes & strates
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Crédits : amis du musée du Trièves
1-Le cimetière communal de Mens. C’est en 1860 qu’il fut organisé avec deux secteurs : l’un catholique, l’autre protestant. De 1861 à 1950,les relevés* nous indiquent que le nombre d’inhumations a été identique pour chaque secteur (près de2000 au total). Le cimetière est donc ‘’double’’ : deux portails, deux secteurs, et, ce qui est assez rare, deux carrés militaires !Au centre du secteur catholique, une chapelle dédiée à l’archiprêtre François Maitre, avec sur l’arrière un Christ récupéré de l’ancienne croix de la rue des abreuvoirs. De forte personnalité celui-ci s’estimait à Mens en terre de mission et ‘’combattait’’ les protestants. Au fond du cimetière, côté catholique, des prêtres et des religieuses, et côté protestant des pasteurs et leurs familles. Une plaque rappelle le ‘’ministre du Désert’’ Jean Bérenger, surnommé ‘’Colombe’’ dont le précieux registre des mariages et baptêmes (1758-1792) est exposé au musée. Une autre plaque rappelle son fils, comte et pair de France, dont la famille est encore présente à Mens. A côté, les tombes des Cadoret: le père pasteur, créateur de la première école du dimanche de France en 1810 à Luneray (Somme), et le fils qui fut le second directeur de l’école modèle protestante de Mens. Au hasard du parcours, plusieurs tombes décorées rappellent le métier ou les honneurs reçus : une ruche pour le fondateur de la société de secours mutuel des arts et métiers de Mens en 1854, un cafetier, des matériels de travaux publics, des montagnes, des ingénieurs, des légions d’honneur, des enseignants, et aussi l’acteur de cinéma Pierre Richard-Willm, etc... Des femmes aussi, instruites, méritantes, décorées, mais souvent à l’ombre de leur mari.
D’autres, plus réservées, pourraient nous dire qu’il y a ici un président de l’académie du Vaucluse, un secrétaire général adjoint de l’ONU, un député, et depuis peu un inventeur célèbre. Sans oublier au moins 7 maires de Mens!
2-Un cimetière familial, à la sortie de Mens, route de St-Baudille. Depuis la Réforme, les protestants n’étaient pas acceptés dans les cimetières paroissiaux. Ils étaient donc enterrés chez eux, ‘’dans leur jardin’’, ou ‘’auprès de leurs pères’’. 73 cimetières familiaux protestants ont été inventoriés dans le Trièves par les Amis du Musée, dont une dizaine d’entre eux est encore utilisée aujourd’hui. Le Trièves est le seul secteur de l’Isère où il y en a autant.
Ce cimetière, de petite dimension 15x15m, entouré de murs, a été créé vers 1840. Une vingtaine de tombes, avec là encore un maire de Mens, le pasteur André Blanc, créateur de l’école modèle protestante, un médecin célébré à Lyon, Strasbourg et Genève pour avoir développé la médecine clinique, Simone Heuzé présidente des veuves de déportés, une plaque en souvenir du pasteur Heuzé mort en déportation, et une autre pour celui de Emile Courtial, industriel à Mexico (dont la rue est presque en face).
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1-Le cimetière communal de Mens : 2-Un cimetière familial, à la sortie de Mens