Matières à écologies à l’aube de la modernité 2/2

Lyon (Rhône) • Mardi 25 juin 2024, 11h00
Matières à écologies à l’aube de la modernité 2/2

Le récit ancien de la formation des êtres humains à partir d’une motte d’argile a souvent été transcrit dans la pratique artistique, en particulier en Europe à l’époque dite « moderne » (vers 1400-1800). Cette élévation de l’art à un acte d’ordre divin donnant forme à la matière désigne un geste éminemment hégémonique. Dans cette section, nous souhaitons au contraire considérer dans une perspective éco-critique comment les artistes ont associé des matériaux en les superposant, en les transférant ou en les mettant en réseau. Faire de l’art, c’est toujours faire avec des matériaux dont la disponibilité n’est pas constante et peut se tarir.

Les recherches des deux dernières décennies ont souligné le rôle essentiel des œuvres d’art et de leur matérialité dans les débats de l’époque moderne sur l’histoire naturelle, ainsi notamment pour les objets inhabituels, monstrueux ou non européens rassemblés dans les églises et les cours d’Europe. D’excellents travaux ont interrogé, dans une perspective postcoloniale ou autre, les hiérarchies d’ordre et de valeur que ces objets impliquent. Les approches éco-critiques restent par contre largement négligées. Il manque des études montrant comment l’usage artistique des matériaux fut à l’époque moderne un lieu central d’élaboration, de mise en forme, de réflexion, voire de subversion quant à la dichotomie nature/culture identifiée par Philippe Descola, Bruno Latour, Timothy Morton et d’autres comme une racine de la crise écologique globale actuelle.

Interventions :

"Matters of Early Modern Art"

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