Matérialités en situation tropicale : propriétés, réceptions et patrimonialisations

Lyon (Rhône) • Lundi 24 juin 2024, 09h00
Matérialités en situation tropicale : propriétés, réceptions et patrimonialisations

Qu’en est-il des propriétés, de la réception et de la conservation des matérialités des œuvres d’art et architectures conçues en situation tropicale ? Que peut-il en être aujourd’hui de leurs patrimonialisations au regard d’une pensée décoloniale ?

Les tropiques se caractérisent notamment par des taux d’humidité élevés et des aléas climatiques qui invitent historiens, conservateurs et architectes à regarder avec acuité et sans a priori les matières et matérialités de leurs objets artistiques, artisanaux ou architecturaux. La rapidité avec laquelle le climat tropical peut sembler les dégrader interroge l’attention que nous portons à leurs propriétés, temporalités et fragilités apparentes. Faire l’histoire matérielle de ces œuvres pour en connaître les caractéristiques physiques devrait permettre d’évaluer plus précisément les possibles écarts ce que leurs surfaces peuvent donner à voir et la réalité de leur état de conservation.

Existe-t-il, en particulier au tournant du XXe siècle des matérialités qui pourraient être qualifiées de « tropicales » parce qu’elles présenteraient des propriétés différentes de celles des matériaux dits standards commercialisés après la seconde guerre mondiale ? Cette session propose de mieux comprendre ce que seraient historiquement et géographiquement ces matières et matérialités tropicales : éloignement ou proximité, disponibilité ou rareté, savoir- faire ou technicité, innovation ou cadre normatif. Comment ont-elles initié — avec la modernisation et la modernité — des perceptions différentes de la vulnérabilité face aux aléas climatiques ? Pourquoi certains de leurs objets requerraient-ils des campagnes spécifiques de soin ou d’entretien ? N’y a-t-il pas à apprendre des situations tropicales (milieux environnementaux, culturels et cultuels) des conditions de conservation autres que celles de la logique occidentale ?

Les œuvres produites en situation tropicale appellent à l’écriture d’histoires à la fois matérielles, politiques et mémorielles. A quelles conditions et à partir de quels critères peut- on reconnaître et s’approprier aujourd’hui des matérialités mises en œuvre en situation coloniale ? Par qui ces patrimoines peuvent-ils être revendiqués ? Quelles sont au XXIe siècle les catégories qui font sens pour les habitants des basses latitudes ?

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