Les Saôneurs | Saison musicale #2 > chapelle de l’Hôtel-Dieu | Rosamunde – Mozart, Haydn, Schubert
Crédits : Guillaume Mousson
Rosamunde de Schubert...
Après une ouverture de saison remarquée par le violoncelle piccolo, le collectif des Saôneurs proposent d’écouter le Quatuor Mycélium, jouant sur instruments historiques dans le célèbre quatuor « Rosamunde » de Schubert, un moment unique en la Chapelle baroque de l’Hôtel-Dieu. Le programme verra en complément le 2ème quatuor milanais de Mozart et le renversant quatuor « Le cavalier » de Haydn. Une partie de la recette est reversée pour la restauration de la chapelle.
Haydn (1732-1809), Mozart (1756-1791) et Schubert (1797-1828), trois compositeurs qui vont porter très haut l’art du quatuor à cordes qui devient au tournant des âges classique et romantique, une des plus belles formations de musique de chambre.
Dans le programme que nous propose le Quatuor Mycélium, c’est tout d’abord un jeune Mozart, en 1772, alors qu’il vient de créer avec succès à l’opéra ducal de Milan un de ses premiers opéras d’envergure Lucio Silla, qui nous confie, il n’a que seize ans, ses premiers tourments de l’âme dans un adagio d’une grande élégance où se dessine le génie du compositeur autrichien. Cet Adagio intense est entouré de deux mouvements Presto et Tempo di Minuetto, gais, alertes et galants, d’un classicisme italianisant dont Mozart se souviendra dans son opéra Cosi fan tutte…
1793 - quelques vingt ans plus tard, quelques mois après la disparition de Mozart, son ami et complice en quatuors, Joseph Haydn, entre deux voyages à Londres, compose à Vienne une de ses plus célèbres pages, Le Cavalier, où après avoir fixé depuis quelques opus la forme du quatuor en quatre mouvements, Haydn atteint l’apogée du classicisme dans un Largo assai lyrique et mystérieux presque pré-schubertien et un Menuetto réminiscence mozartienne milanaise. Puis Haydn accroît le champ des possibles du romantisme, à la fois avec l’Allegro initial qui nous plonge immédiatement dans une atmosphère étrange - une chevauchée avec la mort inspirée de la ballade de Lénore du poète Bürger apposée à un simple ländler, valse villageoise allemande - mais aussi un Finale, Allegro con brio, où le doute persiste - le galop mortifère par une extraordinaire écriture en quadrilogue devient à la fois l’expression d’une grande jovialité ou d’une terrible noirceur -.
Alors la porte est ouverte pour que Franz Schubert, 27 ans plus tard en 1824, emprunte le chemin d’un romantisme intérieur et comme il en est coutumier, s’autocite pour parachever son voyage poétique. Le 13ème quatuor sera celui des réminiscences et de la dédicace aux poètes ; les mouvances de Marguerite au rouet - premier lied de Schubert composé à 17 ans – extrait du Faust de Goethe dans l’Allegro ma non troppo initial, Les dieux grecs de Schiller autre lied de jeunesse qui se métamorphose en une valse populaire autrichienne, ce ländler que Schubert affectionnait, dans le Menuetto – Allegretto et enfin l’extraordinaire romance variée, musique de scène du drame Rosamunde de Helmina von Chézy, la plus parisienne des poétesses allemandes, et qui donnera son nom au quatuor. Schubert se réapproprie son propre thème et en tire la quintessence harmonique dans un second mouvement Andante d’une tendre et lumineuse beauté. Mais d’où vient cette lumière énigmatique qui traverse tout le 13ème quatuor du cher Franz ? Ce chant scintillant de poète ne serait-il pas comme l’aveu d’une Marguerite amoureuse, « ses paroles enchanteresses, son étreinte, son baiser » ?
Les interprètes : Quatuor Mycélium, Minori Deguchi & Sophie Pieraggi, violons - Jeanne-Marie Raffner, alto - Maguelonne Carnus-Gourgues, violoncelle
Jeanne-Marie Raffner à l’alto sera exceptionnellement remplacée par Christophe Mourault
Formé en 2017, le Quatuor Mycélium est né d’une rencontre entre quatre étudiantes du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Lyon, passionnées de musiques anciennes et partageant la même envie de jouer le répertoire classique et romantique sur instruments d’époque.
Ce quatuor est animé par le désir de proposer au public une interprétation « historiquement informée » et pourtant plus vivante que jamais, de faire briller et de partager les musiques des XVIIIème et XIXème siècles, tout en restant au plus proche des sources originales.
Leur recherche esthétique et sonore s’appuie sur la connaissance des traités d’époque et des manuscrits, plaçant l’interprétation historique au cœur de leur travail. Le choix des instruments - instruments et archets de facture ancienne, cordes en boyaux - , d’une musicalité et d’un état d’esprit adaptés à la période de composition des œuvres, les amène à la redécouverte de textures sonores au plus près de ce que les compositeurs avaient imaginé.
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