L'attention aux détails

Lyon (Rhône) • Jeudi 27 juin 2024, 16h00
L'attention aux détails

De l’Occident à l’Asie, de la France au Japon, d’une culture à une autre, se développent des projections conceptuelles et des imaginaires, qui s’influencent et s’interpénètrent. Ceux-ci déterminent la place et le statut de ceux qui créent.

La forte influence du Japon sur le domaine de la restauration des œuvres d’art, et en particulier des œuvres d’art graphiques, n’est pas seulement due aux techniques séculaires, aux outils et aux matériaux japonais que les restaurateurs occidentaux ont massivement adoptés depuis les années 1990 et par lesquels ils ont fait évoluer leur métier. Elle est bien plus profondément et essentiellement lié à la conception de la matérialité ancrée dans la culture japonaise. Celle-ci a permis de maintenir vivant des savoir-faire et d’entretenir une admiration pour ceux qui font.

Répéter les gestes, être dans la précision, accompagner la matière, accepter l’histoire des artefacts, sont autant d’attitudes partagées entre les restaurateurs d’œuvres d’art de toutes les spécialités et de toutes les cultures. En effet, ceux-ci sont quotidiennement aux prises avec la matière. Ils connaissent l’importance des détails : les traces de la fabrication et des outils. Ils savent distinguer les signes structurels des signes accidentels. Ils prévoient les traitements, ils anticipent les transformations de la matière, ils observent, se remémorent, s’interrogent pour tirer parti des réactions de celle-ci et jouer avec ses contraintes afin d’assumer leur rôle de passeur et d’assurer ainsi la transmission des artefacts.

Comme d’autres professions, l’observation, le ressenti de la main, celui du corps, l’écoute des sons produits par les gestes, la confrontation aux formats, aux difficultés d’accès sont autant de critères qui guident les restaurateurs. En premier lieu, dans le choix qu’ils font d’intervenir ou de ne pas intervenir. Ensuite, dans la sélection des traitements de restauration et de leur application sur les artefacts. Quelle est la place de la matérialité et quel rôle a-t-elle dans ces décisions ? Est-ce que l’expérience de la matière et l’expérience de la main sont liées ? Et en quoi, ces expériences permettent-elles d’accéder à une connaissance élargie et renouvelée des artefacts ? Est-ce que des collaborations entre différents métiers peuvent nourrir ces questionnements et enrichir les points de vue ?

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