L'art de perdre

Istres • Mardi 16 avril 2024, 14h00, 19h00
L'art de perdre

Crédits : Gaetan Vassart

L'art de perdre
(comment faire ressurgir un pays du silence ?)
ALICE ZENITER - SABRINA KOUROUGHLI

Naïma travaille dans une galerie d’art à Paris quand les attentats résonnent comme un électrochoc : cela la renvoie à sa peau mate, à ses cheveux bouclés, à ses origines, au silence de son père, et à la honte de son grand-père harki. A travers la relation qui lie Naïma à sa grand-mère, la gardienne du temple, elle reconstitue le puzzle de sa famille et interroge ses racines pour se reconstruire ! Non sans humour, les anecdotes familiales se succèdent et permettent à Naïma de se sentir apaisée.
D’après le roman L’Art de perdre, Alice Zeniter, aux Éditions Flammarion.
Mise en scène et adaptation Sabrina Kouroughli
Collaboration artistique Gaëtan Vassart Dramaturgie Marion Stoufflet
avec Fatima Aibout, Karim Hammiche, Sabrina Kouroughli

Production Compagnie La Ronde de Nuit ; coproduction Théâtre Gérard Philipe- CDN de Saint-Denis; Scène nationale 61; Le Moulin du Roc - Scène nationale de Niort; Théâtre de la Fleuriaye - Carquefou avec l'aide au projet de la DRAC Île-de-France, Ministère de la Culture; avec le soutien du CENTQUATRE-PARIS et du Carreau du Temple- Paris.

NOTE D’INTENTION
J’ai rencontré Alice Zeniter au Collège de France, où elle assistait le metteur en scène Jacques Nichet avec qui je travaillais en tant que comédienne. Fraîchement diplômée de l’ENS, Alice Zeniter et moi avions un point commun, elle préparait une thèse sur Martin Crimp et de mon côté, je venais d'interpréter le personnage d'Anna dans Atteintes à sa vie du dramaturge britannique, une pièce sur la quête d’identité, dans une mise en scène de Joël Jouanneau, mon professeur au Conservatoire. L'art de perdre débute comme un conte et se transforme en saga historique. La narratrice, Naïma, 30 ans, petite-fille de harki, part à la recherche de ses origines et entreprend un voyage en Algérie sur la trace de ses ancêtres. C'est une quête de réconciliation avec la mémoire de sa famille. Alors que nous avons fêté les 60 ans de l'Indépendance de la Guerre d'Algérie, comment comprendre cet évènement et l’immigration qui a suivi ? Comment faire entendre la tragédie de ces sacrifiés de l’Histoire ?Des milliers d’hommes, de femmes et d'enfants quittent l’Algérie à l’été 62.
L’art de perdre pose la question de la transmission : que veut dire transmettre un pays, une culture, une langue, une histoire ou même des silences ? Les personnages représentent trois générations : celle de nos grands-parents, de nos parents et la nôtre. Avec Alice Zeniter, nous nous sommes rendus compte que nous avions un autre point commun: sa grand-mère kabyle et la mienne sont analphabètes, parlent à peine français, tandis que nous, les « petites-filles », sommes le fruit de l’école de la République. Avec la dramaturge Marion Stoufflet, nous avons compris que le cœur de notre spectacle se raconterait à travers la relation intime de Naïma et sa grand-mère. Naïma va briser la loi du silence d’une génération qui avait choisi, malgré elle, de ne pas nommer l’innommable. "Au-delà de la guerre d’Algérie, c’est avant tout un roman sur l’exil" selon Alice Zeniter. L'autrice s'est lancée dans cette entreprise au moment où elle a réalisé le parallèle avec la situation actuelle des migrants. Parler de cette histoire, c’est parler d’un voyage qui ne finit jamais et dont il est impossible de déterminer l’arrivée. Car l’exil entraîne dans son sillage les générations suivantes. Cette adaptation du roman au théâtre nous paraît essentielle pour comprendre aujourd'hui comment chaque jour, des personnes sont obligées de quitter leur maison, souvent brutalement. Fuir un conflit ou la misère, échapper à des persécutions, désir d’un avenir meilleur, autant de déracinés qui fuient la Syrie, l’Afghanistan, l'Érythrée, ou l’Ukraine. • Sabrina Kouroughli

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