Projection - débat L'évangile de la révolution en présence du realisateur Fx DROUET

Guipavas (Finistère) • Jeudi 22 janvier, 14h00
Projection - débat L'évangile de la révolution en présence du realisateur Fx DROUET

Crédits : FX Drouet

le Jeudi 22 Janvier de 14 h 30 à 17 h à l'auditorium de la médiathèque AWENA à GUIPAVAS (29) GRATUIT

Accès par le bus 16 qui passe Place de la Liberté , arrêt Awena.

En sa présence de FX Drouet de larges extraits du film documentaire "L’Évangile de la libération" donneront lieu à des débats entre le public et l’auteur. Nous sélectionnerons des séquences représentatives du film qui retrace l’histoire de la théologie de la libération, en faisant étape au Salvador, au Brésil, au Nicaragua et au Mexique. Le souffle révolutionnaire qu’a connu l’Amérique latine au XXe siècle doit beaucoup à la participation de millions de chrétiens engagés dans les luttes politiques au nom de leur foi. Portés par la théologie de la libération, ils ont défié les régimes militaires et les oligarchies au péril de leur vie.
Nous avions noté lors de la projection complète du film, l'intérêt pour ce qui subsiste ou renaît aujourd'hui de souffle de la théologie de la libération. Gilles Le Goff notait au lendemain de la projection d'octobre:
Ce va et vient, bien maîtrisé par F-X Drouet, entre images d’archives et témoignages d’aujourd’hui sur plusieurs pays d’Amérique Latine fait émerger des questions à la fois sur le surgissement de la Théologie de la Libération et son arrêt brutal mais aussi sur ce qu’il en reste aujourd’hui dans les mémoires et dans sa pertinence en tant que moteur pour une utopie collective qui permet de soulever les foules pour se réapproprier leur terre. Il met aussi en perspective un mouvement d’abord non violent, sortir de l’extrême pauvreté qui face à une répression violente (exemple : assassinat de Mgr Roméro en pleine messe) bascule dans la violence et se termine mal.
La Théologie de la libération a-t-elle perdu ? Comme le laisse entendre la fin du documentaire.
Une question qui en appelle d’autres, parait plus pertinente : Qu’en reste-t-il aujourd’hui ?
- Que reste-il des communauté de base, avec des catéchistes qui sont devenues des militantes et des leaders et qui témoignent dans le film aujourd’hui ? Cette forme d’éducation populaire est-elle encore valable aujourd’hui ?
- Les théologiens comme Léonardo Boff qui ont été mis à l’écart retrouvent aujourd’hui un droit de parole et les textes comme l’encyclique ‘’Laudato Si’ ‘’du Pape François et l’Exportation Apostolique ‘’Dilexi te’’ de Léon XIV nous interpellent : pour l’Eglise catholique, l’option préférentielle pour les pauvres n’est pas facultative.
- Comme le dit si bien Don Helmer Camara : ‘’Je nourris un pauvre et l'on me dit que je suis un saint. Je demande pourquoi le pauvre n'a pas de quoi se nourrir et l'on me traite de communiste.’’. Ce point fait partie, avec le partenariat, des fondamentaux du CCFD terre Solidaire et reste toujours d’actualité : s’attaquer aux causes structurelles de la pauvreté, de l’injustice. Comment accompagner les plus fragiles pour faire respecter leurs droits ?
- Le film parle des utopies collectives en ‘’isme’’qui seraient passées de mode et remplacées par une utopie personnelle de réussite individuelle (par exemple : migration vers un pays riche, pour aider sa famille restée au pays). Peut-on susciter un nouvel enthousiasme pour œuvrer à la fraternité universelle et à la sauvegarde de notre maison commune ? Quelle part peuvent prendre des religions comme le christianisme?
Bande annonce : https://www.dailymotion.com/video/x9nzi36
Le titre de ce film renvoie à un moment de l’histoire militante en Amérique Latine, celui de la théologie de la libération, avec les communautés ecclésiales de base, ces groupes de laïcs qui lisaient l’Évangile comme un manifeste révolutionnaire et ont fait de leur foi un outil de résistance, à rebours de l’idée de Marx selon laquelle la religion est « l’opium du peuple ». Des années 1960 aux années 1980, c’est avec eux que prêtres et religieuses, formés au marxisme et marqués par Vatican II, ont choisi de se battre contre les dictatures.
Envisageant les pauvres non plus comme objets de charité mais comme sujets de leur histoire, la théologie de la libération a rompu le pacte séculaire entre Église et pouvoir, en affirmant qu’aimer son prochain supposait de transformer les structures de domination.
Dans son carnet d’un voyage qui le mène au Salvador, au Brésil, au Nicaragua et au Chiapas, François-Xavier Drouet, le réalisateur (dont nous avions beaucoup aimé Le temps des forêts, son précédent film), agnostique, mêle récits des acteurs du mouvement et archives pour montrer comment les églises ont été des refuges pour les organisations populaires, ouvriers, paysans et communautés indigènes, qu’elles ont accompagnées dans leur émancipation. Le film redonne vie aux figures de Mgr Romero, assassiné en 1980, d’Helder Câmara ou de Frei Betto, arrêté et torturé par la dictature brésilienne. Car l’histoire de ce christianisme insurgé est aussi celle d’une répression féroce : plus de deux cents prêtres assassinés, des milliers de laïcs persécutés, des fresques effacées, des voix réduites au silence par Rome ou les juntes militaires.
Il rappelle aussi des épisodes marquants, comme la visite houleuse de Jean-Paul II à Managua en 1983, où le pape condamna publiquement des ministres prêtres sandinistes avant de saluer le commanditaire de l’assassinat de Romero.
L’Évangile de la Révolution est d’autant plus passionnant qu’en documentant cette histoire dont il met en lumière les contradictions et les espoirs trahis, le film interroge aussi l’héritage de ce mouvement, marginalisé par une Église devenue plus conservatrice mais dont l’influence persiste dans les luttes pour la terre ou les droits des peuples autochtones.
En donnant la parole à des figures comme María López Vigil, journaliste nicaraguayenne, ou Júlio Lancellotti, prêtre brésilien qui brise aujourd’hui du mobilier urbain pour loger les SDF, François-Xavier Drouet montre que l’engagement chrétien pour la justice sociale reste vivant. Le nouveau pape Léon XIV, réputé proche de Gustavo Gutiérrez, théoricien de la théologie de la libération, réaffirmera-t-il l’importance de ce mouvement en faveur des droits humains au moment où prospèrent les églises évangéliques très éloignées de l’idée d’une révolution ?

Terre solidaire, Attac, La LDH, l'UEP, l'associaest partenaire Bloquen, le réseau du Parvis, ... sont partenaires de ce film.

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