Regards croisés d'architectes sur des projets de restauration et de mise en valeur du patrimoine breton
Conférence assurée par Marine Canté, architecte DE-HMONP et Marie Lennon, architecte du patrimoin...
Conférence de Georges Provost sur Saint Yves et les Bretons suivie d'un apéritif au Centre d’interprétation – Les enclos !
Georges Provost est Maître de conférences d'histoire moderne à l'université de Rennes 2. Ses recherches portent sur l'histoire du catholicisme breton sur la longue durée. Il est notamment l'auteur de La fête et le sacré. Pardons et pèlerinages en Bretagne aux XVIIe et XVIIIe siècles, Paris, 1998.
Bécédia : Dès l’origine, saint Yves est une figure populaire : à preuve la riche tradition orale du Trégor et du Goëlo. Mais il ne devient un symbole perçu par tous les Bretons que dans la seconde moitié du XIXe siècle. La volonté de l’Église catholique, l’engagement de l’historien Arthur de La Borderie qui édite en 1887 son procès en béatification, le souci d’affirmer la spécificité bretonne face à la IIIe République convergent en 1890 lors de la reconstruction du tombeau de Tréguier (démoli en 1794). En 1880, l’année où le 14 juillet devient fête nationale, l’évêque de Saint-Brieuc ne veut-il pas faire de la Saint-Yves la « fête nationale des Bretons » ? Yves demeure pourtant une figure consensuelle, chère à Ernest Renan, et son pardon du 19 mai attire comme jamais les foules. En 1924, les évêques bretons proclament saint Yves co-patron de la Bretagne avec sainte Anne. Le XXe siècle voit le renouveau de la dévotion des hommes de loi, présents au pardon de Tréguier à partir de 1936. Il achève surtout la « bretonnisation » de saint Yves, flambeau d’une identité culturelle redécouverte avec fierté, en particulier chez les Bretons de la diaspora, à Paris ou au Havre. Le large succès du prénom Yves et de ses équivalents bretons (Erwan, Youenn, etc.) signale une appropriation collective, dans toute la Bretagne désormais. Les pardons traditionnels demeurent courus, à Tréguier comme à Bubry ou ailleurs. Mais la mémoire de saint Yves – souvent implicite ou réduite à la dimension humanitaire et « ouverte » accordée à une société sécularisée – passe aussi par la Fest’Yves/Gouel Erwan (1997) puis la Fête de la Bretagne/Gouel Breizh (2009), célébrée de Bangkok à New York.
http://www.bcd.bzh/becedia/fr/saint-yves-et-lidentite-bretonne
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