Découverte du Tai-Chi-Chuan : harmonie du corps et de l’esprit
Atelier-découverte du Tai-Chi-Chuan
Crédits : Jean-Louis Fernandez
Sortie de résidence du projet Carnets de galére d'Aiat Fayez, mis en scène par Chrisitne Letailleur, le 5 novembre 2021 à 15H au CFPTS de Bagnolet.
Aiat Fayez s’inscrit dans la lignée des écrivains européens de l’exil, de leur tragique destinée et d’une quête de soi par l’écriture- L’Arche, 2018.
Depuis la nuit des temps, l’homme est en mouvement, il part, quitte son pays soit par sa propre volonté (désir de voyages, de découvertes, d’études …), soit par contraintes (guerres, persécutions, déportations, famines, extrême pauvreté…) : il va chercher un « ailleurs », tenter de vivre dans un pays autre que le sien avec tout ce que cela comporte de difficultés -difficultés liées à la langue, à l’éloignement des proches, à la solitude, à la nostalgie du pays natal, à la précarité, à l’ostracisme, à l’hostilité envers l’étranger…
L’exil est un des thèmes les plus anciens de l’humanité, cher aux poètes, aux auteurs dramatiques. Déjà les tragédies grecques s’en emparaient. Dans les Suppliantes, Eschyle mettait en scène un chœur de femmes persécutées qui, fuyant les noces que l’on voulait leur imposer, vinrent demander asile et protection au roi d’Argos…
Pour questionner la notion d’exil aujourd’hui, j’ai choisi de me pencher sur des textes d’Aiat Fayez, auteur de langue française, exilé et vivant maintenant, depuis plusieurs années, en Autriche.
À la différence des exilés que nous voyons et qui viennent souvent d’un autre continent et s’installent dans un pays européen, l’exil d’Aiat Fayez se poursuit à travers l’Europe, où il va de pays en pays. S’il vit une grande partie du temps en Autriche, il n’en parle pas la langue et ne cherche pas à l’apprendre à dessein. Comme il le dit si bien : « L’exil est devenu son mode d’être ».
Je l’ai rencontré à l’automne 2020 lorsque j’ai mené un stage avec des apprentis comédiens à l’ESCA (École Supérieure des Comédiens par l'Alternance au Studio d’Asnières) sur certaines de ses pièces, notamment sur Angleterre, Angleterre, pièce éditée à l’Arche en 2016, et traitant de la jungle de Calais.
La force de son écriture et de son engagement ont suscité en moi un vif désir de continuer l’aventure sur un autre de ses textes car ils sont le reflet des tragédies de notre époque. Toute son œuvre, composée de romans et de pièces de théâtre, est en effet traversée par l’exil, hantée par la figure de l’étranger. Ecrivain sans frontière, il décrit avec un regard lucide et dans une langue sans concession une page de notre histoire contemporaine.
L’étranger n’est pas rien,
il est moins que rien,
le miroir du néant.
On peut tout faire avec. C’est de la pâte à modeler.
Aiat Fayez
Suite à un article qu’il avait écrit dans le journal Libération dans lequel il rapportait certaines mésaventures qui lui étaient arrivées lors d’un renouvellement de son titre de séjour, j’ai proposé à Aiat Fayez d’écrire un texte, une sorte de long monologue, dans lequel il nous raconterait ce que fut sa propre expérience de l’exil. La compagnie Fabrik Théâtre lui a donc passé commande et c’est avec enthousiasme que l’auteur a répondu à celle-ci : il composera une partition pour un acteur dans laquelle il nous relatera son histoire et les difficultés qu’il a rencontrées lorsque, quittant son pays natal, il traversa l’Europe (France, Angleterre, Allemagne, Hongrie, Autriche…) à la recherche d’un petit bout de terre, d’un « chez-lui », pour simplement vivre et penser.
Avec ce texte inédit, je souhaite créer une petite forme en direction :
- de la jeunesse, plus particulièrement des adolescents. Ce projet sera l’occasion d’échanger avec eux sur des notions qui restent bien souvent très floues chez eux : qu’est-ce qu’un exilé ? Un migrant ? Un réfugié ? Un demandeur d’asile ? Un étranger ?... Il est important de pouvoir échanger, et ce par l’intermédiaire d’un objet artistique, sur des sujets de société, d’apporter des éclaircissements sur des notions fondamentales afin de mieux questionner ensemble notre époque, d’appréhender notre monde et de mettre à bas aussi certains préjugés et idées reçues. C’est bien souvent grâce au regard de l’autre, de celui qui nous est différent, qui vient d’ailleurs, que l’on voit davantage le réel.
- mais aussi de tous les publics. Pour que le théâtre investisse la question de l’exil par la voix d’un auteur de langue française exilé, et ainsi créer chez le public des questionnements qui n’affleurent pas forcément dans les reportages ou les documentaires que nous lisons et voyons. Voir l’exil d’une autre manière. Poser des questions nouvelles, inédites, sans forcément y répondre.
Les textes d’Aiat Fayez sont des miroirs du monde qui permettent de sensibiliser tout un chacun aux tragédies d’aujourd’hui et de demain, celles des migrations contemporaines.
Christine Letailleur
Atelier-découverte du Tai-Chi-Chuan
Cie verba pictures
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