Les Jeudis du CFLC
Présentation des formations proposées au CFLC
ZANETTI François - Maitre de conférences (Histoire), Université Paris Cité
Joseph-Barthélémy-François Carrère (1740-1802) participe aux travaux de la Société royale de médecine sur les eaux minérales. Dans ce cadre, il publie une synthèse intitulée Catalogue raisonné des ouvrages qui ont été publiés sur les eaux minérales…(Paris, 1785) qui recense les centaines de sources minérales du royaume. Son expertise est mobilisée par la Société pour une inspection des eaux de Comminges et de Bigorre en 1784 qui donne lieu à des différends important lors de son passage à Bagnères de Luchon. Le dossier relatif à ces tensions, conservé dans les archives de la Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine est très riche car il met en valeur les enjeux relatifs à l’organisation et à la maîtrise des eaux minérales. Il permet d’éclairer les infrastructures modestes et précaires qui permettent l’accès aux eaux ainsi que les rivalités entre les acteurs et les institutions à l’échelle locale mais aussi les relais qui font de ce conflit localisé une affaire d’État.
GANDON-MITAÏ Clément - Chercheur indépendant
Les équations de la mécanique des fluides sont aujourd'hui au cœur de nombreuses modélisations de systèmes, tant naturels que techniques, comme le système climatique ou les barrages hydroélectriques. D'un point de vue mécanique, l'eau liquide est un continuum incompressible mais déformable. Les équations de son mouvement furent obtenues par Euler, en 1755, à partir d'une condition d'équilibre particulière aux liquides. C'est seulement en 1788 que Lagrange parvint à dériver ces équations du principe général des travaux virtuels. Au siècle précédent, avant l'avènement du calcul infinitésimal, une telle synthèse était déjà à l'œuvre dans le Traité de l'équilibre des liqueurs de Pascal. Le corps liquide y était en effet assimilé au fléau d'une balance faisant levier. Cette analogie avec la plus simple des machines se retrouve également dans les écrits d'Archimède (Traité des corps flottants), de Stévin (l'Art pondéraire) et de Galilée (Discours sur les corps flottants), comme nous nous proposons de le présenter.
SUBIRADE Patricia - Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Ecole d’histoire de la Sorbonne, I.H.M.C. (Institut d’histoire moderne et contemporain - UMR 8066, CNRS, ENS, Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne)
A partir d’exemples en France et dans le duché de Savoie, c’est-à-dire deux espaces en marge des centres d’expertise hydraulique majeurs ( l’Italie du Nord, l’Espagne et les Provinces-Unies ) et des travaux des ingénieurs Sazilly de Vauzelles et François Cuenot, cette communication montrera la diversité des spécialistes de l’art et de la conduite des eaux, artisans ou ingénieurs ; l’articulation entre savoirs pratiques et théoriques qui apparaît dans leurs écrits ; leur connaissance de la littérature technique et la part de l’expérience dans leurs pratiques, dans un siècle où se constitue l’hydrologie et où l’hydraulique n’est plus seulement un métier mais aussi une « science des eaux » liée aux mathématiques. Travaillant au service de villes ou dans un contexte de patronage princier, ils appliquent leur savoir à une multitude d’usages de l’eau : les fontaines de ville, les fontaines de plaisance, l’hydraulique minière, le drainage, les machines hydrauliques nécessaires à la construction des ponts.
MATAGNE Patrick - Université de Poitiers (maître de conférences retraité)
L’eau est un facteur de l’environnement qui structure la classification écologique des deux premiers ouvrages d’écologie végétale, publiés à la fin du XIXe siècle par les botanistes E. Warming et A. F. W. Schimper. Une polémique relative aux bases physiologiques sur lesquelles le second auteur veut asseoir l’écologie, ouvre une période clé pour la naissance de la discipline. Les enjeux sont théoriques et méthodologiques, liés à la compréhension des mécanismes de diffusion de l’eau (osmose), à la méthode expérimentale et à l’approche physico-chimique du vivant.
KRAUS Sabine, Chercheuse indépendante en Histoire des sciences
La question de l’eau occupe une place importante dans le milieu médical de l’Écosse du XVIIIe siècle. Les conférences sur la végétation et l’agriculture, ainsi que les lettres de consultation de William Cullen (1710-1790) en sont un témoignage vivant. Médecin écossais, professeur de chimie et de médecine à Edimbourg, Cullen est reconnu par ses pairs comme le meilleur praticien de son temps, et son expertise est recherchée à travers toute l’Europe. D’une part, ses conférences nous révèlent les débats quant au rôle de l’eau dans la nutrition des plantes, en associant connaissance pratique et raisonnement théorique. D’autre part, les lettres de consultation que William Cullen reçoit de France nous éclairent sur la popularité croissante des bains de mer pris en hiver sur la côte du Nord de la France. Ces documents sont en outre le reflet de la fluidité des échanges épistolaires à travers un réseau des relations amicales, ainsi qu’un souci d’une science au service du bien public.
Présentation des formations proposées au CFLC
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En partenariat avec le CRR 93 Jack Ralite - Aubervilliers