Les Jeudis du CFLC
Présentation des formations proposées au CFLC
HALLER Amandine - Doctorante en Langue et littérature médiévales et Chargée d’enseignement à l’Université de Reims Champagne-Ardenne
L'essor de la littérature didactique et encyclopédique (XIIIe-XIVe siècles) fait de l'eau un objet privilégié pour une histoire croisée des pratiques et du vocabulaire. Cette communication analysera l'usage prophylactique de l'eau – des pratiques médicales (hygiène, bains) aux prescriptions théologiques (sacrements, pénitence) – abordé dans ces vastes sommes. L'étude se concentrera sur la juxtaposition et le jeu d'analogies entre ces deux sphères. L'analyse du vocabulaire (purifier, laver) montrera que le lexique de l'eau sert de point de convergence sémantique, légitimant l'efficacité de l'action sur le corps et sur l'âme. L'objectif sera de dégager une vision taxonomique des emplois pour identifier, à travers la continuité des savoirs médiévaux, l'oscillation entre une analogie constante et l'émergence progressive d'un vocabulaire technique, révélant les prémices de la distinction entre les savoirs (théologiques – moraux – d'une part, et médicaux – « scientifiques » – d'autre part).
BEAUVALET Marie - Paris 1 Panthéon Sorbonne, laboratoire HiCSA
Rapture, la cité sous-marine explorée dans le jeu vidéo BioShock (2K, 2007) est plus qu’un simple décor vidéoludique. Conçue à la fin des années 1940 comme une utopie objectiviste, cette ville coupée du monde, que l’on atteint que par une bathysphère, évoque l’architecture Art déco du New York des années 1930 ; le joueur l’explore une quinzaine d’années après sa fondation, Rapture étant devenue un espace de ruine et de chaos. L’atmosphère y est oppressante, l’architecture sombre et mystérieuse. Inspiré du roman philosophique Atlas Shrugged d’Ayn Rand (1957), BioShock en reprend certains fondements idéologiques pour mieux en révéler les limites. Le joueur est amené à utiliser son esprit critique, il est confronté aux dérives de l’individualisme, à l’illusion du libre arbitre et aux dangers d’une dérégulation sociale et économique. Nous analyserons comment l’implantation sous-marine de Rapture et son architecture sous-tendent une critique des idéaux libertariens et objectivistes.
CAZALS Mahaut - ATER ENS-PSL, doctorante au laboratoire DYPAC (UVSQ/Saclay), Association francaise d'archéogéographie
D’après deux hagiographies, la première écrite en latin et datée des tournants des XIe-XIIe siècles, et la deuxième, en occitan, composée au XIIIe siècle, le monastère bénédictin situé dans l’actuel village de Sainte-Énimie en Lozère doit sa fondation à une princesse mérovingienne du même nom qui, lépreuse, trouvera la guérison dans les eaux claires du ruisseau de Burle. Tout au long du récit, l’accent est mis sur la description du locus monastique marqué par le corps de la sainte et les eaux curatives, puis par celle des Gorges du Tarn où saint Hilaire, à la rescousse d’Énimie, s’en va combattre un drac entre les eaux du fleuve et les crevasses des falaises. C’est en remplaçant ces textes dans leur contexte de production qu’il devient manifeste qu’ils participent à une construction du dominium monastique comme espace sacralisé marqué par l’élément aquatique, à la symbolique forte pour les médiévaux – un argument aux conséquences juridiques très concrètes, tourné contre divers concurrents installés à proximité du Tarn.
BOUDIER Olivier - Doctorant au Centre Jean-Mabillon
Peu connue en Occident, la fable de L’homme dans le puits jouit pourtant d’un certain succès en Asie. En voici un résumé : un homme, poursuivi par un éléphant, tombe dans un puits. Il se rattrape à la racine d’un arbre qui pousse à côté, mais constate avec horreur qu’elle est rongée par des souris et qu’un dragon guette sa chute au fond du puits. Il trouve cependant une maigre consolation à son malheur en buvant le miel qui coule d’une ruche pendue au-dessus de sa tête. Ce récit énigmatique nous est surtout connu par des sources jaïnes et bouddhistes, ce qui a pu faire penser qu’il était d’origine bouddhiste. Le Mahābhārata en donne cependant sa propre version, que Nick Allen a comparée au mythe des monstres marins Charybde et Scylla. Cette histoire est donc bien plus ancienne, et sans doute d’origine indo-européenne. Nous vérifierons cette hypothèse en en étudiant un parallèle islandais et en examinant la place de ces trois récits dans les épopées qui les rapportent ou dans l’histoire mythique du monde. Cet examen nous permettra de les rattacher au mythème indo-européen du Feu dans l’eau, mis en lumière par Dumézil dans Mythe et Épopée III.
JINGYUAN Ling - Doctorante à l'Université de Saragosse, Association d’histoire de l’architecture (AHA), UNESCO Inclusive Policy Lab, The International Union for Conservation of Nature - Commission on Education and Communication (IUCN CEC)
Organisée sous le thème « Agua y desarrollo sostenible », l’Exposition internationale de Saragosse 2008 a constitué un moment unique où l’architecture fut convoquée pour penser l’eau à la fois comme thème, contexte et source d’inspiration. Suivant le parcours des grandes expositions internationales, l’Expo Saragosse est devenue un laboratoire de formes et de fonction, particulièrement autour de «l’eau ». Implantée sur les rives de l’Èbre, en mettant en scène des structures emblématiques telles que la Torre del Agua (d’Enrique de Teresa) et le Pabellón Puente (de Zaha Hadid), le dialogue entre le fleuve et la ville est créés. Au-delà de l’événement éphémère, plusieurs de ces architectures inspirées par l’eau, édifiées au bord de l’eau et dédiées à l’eau, ont été conservées et reconverties, qui font durablement une partie du paysage fluvial. Ces édifices illustraient la volonté de faire de l’eau non seulement une scénographie temporaire mais aussi s’infiltre dans le tissue urbaine.
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En partenariat avec le CRR 93 Jack Ralite - Aubervilliers