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Crédits : ©Anne Clergue Galerie
Anne Clergue Galerie est heureuse de présenter l’exposition de Cyril Duret, Un salon en Provence, du 9 décembre 2023 au 13 janvier 2024.
Lorsque l’on rencontre Cyril Duret, on est d’abord frappé par son regard, à la fois doux et perçant, comme s’il voyait à travers vous. En découvrant son travail, on éprouve la même sensation dans ses portraits mondains, il arrive à créer un dialogue, à faire entrer le regardeur dans l’intimité du tableau. Une pratique qui pourrait sembler désuète pour un peintre trentenaire, s’il ne convoquait des références contemporaines, tels qu’Alex Katz, Elizabeth Peyton ou John Currin !
Cyril Duret présente sous forme de portraits des personnages de son entourage ainsi que celui de la galeriste Anne Clergue, un regard croisé lié au territoire, à la photographie, au design, à la couture, à l’art contemporain. Peints dans leur univers, leur intérieur, on découvre Armand Arnal, le chef du restaurant la Chassagnette, au milieu des agaves ; Sophie Calle dans son monde ou Henri Laurent, l’éleveur de taureaux dans sa propriété des Marquises en Camargue.
D’autres acteurs et actrices du monde de l’art comme Christoph Wiesner, directeur des Rencontres d’Arles ; l’artiste Marie Hugo ou Eric Cantona et Rachida Brakni se croisent dans l’objectif de Cyril Duret.
Car l’aboutissement du fameux portrait passe d’abord par une rencontre au cours de laquelle le peintre devient photographe avant de retourner à ses pinceaux, mélangeant techniques traditionnelles et contemporaines. Muni de son Leica M numérique et ses vieux objectifs, le protocole se poursuit au cours d’une séance-photo. Une part de la personnalité de chacun se retrouve sur la toile, entourée par son décor personnel, meubles, photographies, objets, tableaux.
Sa toile est préparée à la colle de peau de lapin, caséine et chaux puis les pinceaux sont trempés dans les pigments les plus rares. Il y a peu de frontière entre l’atelier et la cuisine chez le peintre. Son rêve est d’avoir un jour un jardin où fruits, légumes et fleurs s’épanouiraient à côté des pigments. Des plus minéraux aux plus végétaux : lapis lazuli, azurite, réalgar, indigo, nerprun et réséda, vieux rose, cinabre, porphyre vert, jaune de Naples, ardoise, des terres italiennes ou d’Europe de l’Est, le peintre ne mélange pas les couleurs. Les pigments sont utilisés purs, comme le faisaient les peintres vénitiens, d’où cette densité, cette lumière si particulière.
C’est au cours de cette première étape que se dessine la composition de la toile, les contours des personnes, leur habitat. Dans un deuxième temps, la peinture à l’huile vient préciser les détails, apporte la lumière, l’atmosphère chaleureuse finale.
Tout est une question d’ambiance chez Cyril Duret. Ses parents auraient souhaité qu’il fasse du rock. Il faut dire qu’avec le chanteur C. Jérôme, son oncle, il monte sur scène dès son plus jeune âge, chante avec lui, et réalisera ses premiers portraits peints. Enfant de la balle, la scène est son domaine, la mise en scène sa passion. Il porte les habits de son oncle, s’intéresse aux décors.
Son destin semble tracé mais ce sont les musées qui l’attirent, le Louvre est une découverte immense, un monde nouveau s’ouvre à lui qui le conduit à voyager en Italie. Il plonge dans les tableaux du XVIIème, XVIIIème, avec Manet, Vuillard, Derain. Amateur de Marcel Proust, le peintre convoque Jacques-Emile Blanche, Boldini ou Bernard Boutet de Monvel dont il se sent si proche.
Sa rencontre avec Nina Childress, sa professeure aux Beaux-Arts de Nancy, lui ouvre un nouvel univers, elle sera son modèle pour plusieurs tableaux. Enfin, son passage à l’Ecole d’Avignon en 2023 l’entraîne dans de nouvelles pratiques du décor peint qu’il a tant admiré lorsqu’il vivait à Rome, avant d’installer son atelier à Beaucaire. Il y a aiguisé sa technique, diversifié ses capacités.
A travers la vingtaine de toiles créées pour l’exposition, Cyril Duret maîtrise la composition à travers une mise en scène étudiée pour chacun des protagonistes. L’usage du clair-obscur et le choix des couleurs nous plongent dans une atmosphère suave où l’on aimerait se retrouver comme dans un salon littéraire à deviser sur notre temps en compagnie de la reine du design India Mahdavi, du couturier Rabih Kayrouz, de Patrick de Carolis ou de Hans Ulrich Obrist, historien de l’art.
D’autres invités ayants un lien avec l’univers de la galeriste sont convoqués dans cette exposition, comme dans une réunion imaginaire, des retrouvailles où les conversations s’entrecroisent comme dans Un salon en Provence.
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