JJ Peet, Sorcery Scanner : Waiting room

Arles (Bouches-du-Rhône) • 1 juillet - 1 août 2018
JJ Peet, Sorcery Scanner : Waiting room

Exposition JJ Peet, Sorcery Scanner : Waiting room Commissariat : Laura Morsch-Kihn Vernissage le 1er juillet de 16h à 21h Action le 5 juillet à 21h30 JJ Peet, Sorcery Scanner : Waiting room Amsterdam, novembre 2017. Nous sommes dans l’arrondissement Oud West, le long du canal Kostverlorenvaart. La nuit tombe. L’obscurité commence à se confondre avec Sorcery Scanner, un corps vêtu d’un long manteau noir, aux éclats de miroirs et au visage anonyme. Il se déplace rapidement, balayant d’un regard, périphérique, l’environnement immédiat, au rythme de 100 images par seconde. Il est à la recherche de ce qu’il nomme des Times collectors, les disposi- tifs optiques de sécurité essaimé dans l’espace public. Et, les appareils photos & vidéos, individuels, qui, à l’ère numérique, se sont mués en instruments d’auto-contrôle et d’auto-surveillance tout en modifiant l’usage de nos sens et de notre mémoire car pour Sorcery Scanner ils “ prennent en charge ces moments dont on ne sait plus se souvenir, que l’on peut simplement voir à travers une image ou un écran “. Sorcery Scanner est en action. Il porte sur son dos un gros sac noir contenant, certainement, quelques unes de ses prises d’otages. Soudai- nement, il traverse la route et entre au rez-de-chaussée d’un immeuble. Il sort son outil d’observation Eyeball1, un globe oculaire, démesuré, fait main, à partir de terre et de feu. Le lance au sol. Il roule, bruyamment sur quelques mètres, avant de tournoyer sur lui-même et de se stopper net face à une assemblée de témoins. Le silence tombe. La lumière s’éteint. La voie est libre. Il franchit la porte et pénètre l’espace en trainant au sol un appareil photo puis le laisse glisser jusqu’à ce qu’il se heurte à un mur. Le rituel commence. Avec ses mains agiles, vecteurs de l’action, recouvertes d’une paire de gants rose-noir délavés, usés et gravés de deux symboles : un X et un cercle, il sort de son sac une petite toile de jute. La dispose au sol et y installe soigneusement ses objets d’action : un émetteur radio cibi, une Proxy Cup2 et une guillotine portative. Seule sa petite lumière inactinique, frontale, de couleur rouge, éclaire l’action. Il arpente la salle portant d’une seule main son Eyeball. Il l’approche devant chaque visage pour y transmettre une vision sensible et un regard bienveil- lant. Il chasse « l’œil du pouvoir » (Michel Foucault). Cet organe optique de contrôle et de surveillance. Puis de sa poche, Sorcery Scanner sort une petite planche à dessin métallique, scrute de son regard l’assemblée. Et, transmet ses sensations à même le papier, telle la production d’une preuve en direct. Son dessin achevé, il attrape le time capture par sa courroie, enlève l’objectif, le jette brutalement alors que délicatement il en retire son miroir pour le glisser dans sa poche. Sa guillotine vrombis. En moins de trois secondes, un genou à terre, il tranche le boitier photographique en deux. Dans l’assemblée, une femme prend des photographies avec son téléphone portable. Il s’avance vers elle, lui arrache des mains et lui tend délicatement, en échange, une Proxy Cup. Une tasse faite main à partir de terre et de feu. Sa fonction est de produire des connexions entre Sorcery Scanner, la nature et le regardeur. Créant ainsi des craquements dans le cycle naturel des phénomènes où se glisse la magie. Tandis qu’il découpe le téléphone portable, la fréquence de la radio cibi s’agite. Le temps s’ac- célère. Il réunit les morceaux de Time collector destinés à une collection. Ils seront recyclés pour construire des objets optiques incapable de capturer le temps. Sorcery Scanner disparaît comme par magie. L’action aura duré 18 min. Arles, juillet 2018. Sorcery Scanner a rejoint un univers, indépendant, sans images enregistrées, disposant d’un langage codé et habité par ses outils de survie, de perception et de mémoire. Ici le temps est latent, propice à la lenteur, au faire, et à la contemplation. Cette anti-chambre, noire, se situe entre le visible et l’invisible, l’attente et l’action, le réel et l’anticipation. Ce monde parallèle, à la fois mystérieux et magique, situé sous la surface de notre monde contemporain, surexposé et transparent, se nomme Waiting room. Laura Morsch-Kihn, commissaire de l’exposition. Sorcery Scanner : Waiting room à la galerie quatre (Arles), est la première exposition personnelle de JJ Peet en France et également la première consacrée à son double, Sorcery Scanner. L’exposition s’inscrit dans le parcours « Un été Arlésien » des Rencontres de la Photographie, Arles. Production : Galerie quatre, OVNI. galerie quatre contact : Laurent Bourderon 06 09 75 36 50 [email protected] www.immediats.fr

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